Condo locatif — Rose Habitat, Rosemère
Résidentiel

Louer, ce n'est pas renoncer à être bien chez soi
« Je loue, je ne vais pas investir là-dedans. » C'est la phrase qu'on entend le plus souvent chez un locataire, et c'est celle qui mérite le plus d'être remise en question. Ce condo de Rose Habitat, à Rosemère, appartient à quelqu'un d'autre — mais c'est chez cette personne qu'on se réveille chaque matin. Nous y avons fait des rideaux sur mesure à plis deux pattes, du plafond au plancher.
L'objection du locataire
Le raisonnement se tient à première vue : pourquoi mettre de l'argent dans un logement qu'on quittera peut-être ?
Sauf qu'il mesure la dépense au mauvais endroit. Un habillage de fenêtres ne se rentabilise pas à la revente, il se rentabilise tous les jours — la lumière du matin, l'intimité du soir, la pièce qui a l'air finie plutôt que provisoire.
Un locataire habite son logement autant qu'un propriétaire habite le sien. Les années passées dans une pièce mal habillée ne se rattrapent pas au déménagement.
Et l'investissement ne reste pas dans l'appartement. Un rideau sur mesure se démonte, se transporte et se fait retailler par une couturière pour les fenêtres de la maison suivante.
Une précision utile au moment de commander : raccourcir un rideau est simple, l'allonger ne l'est pas.
Un panneau taillé généreusement aujourd'hui s'adaptera à un prochain logement ; un panneau ajusté au millimètre, beaucoup moins.
Neuf pieds de plafond
C'est la contrainte concrète de cet immeuble, et elle explique pourquoi le sur-mesure s'imposait.
Les panneaux vendus en magasin sont coupés pour des plafonds standards : dans une pièce de neuf pieds, ils arrivent trop courts, la pôle doit être descendue près du cadre, et la fenêtre paraît soudain plus petite qu'elle ne l'est.
Ici, la pôle décorative ronde est fixée au mur, bien au-dessus du cadre, et le rideau descend jusqu'au plancher.
C'est ce geste-là — et rien d'autre — qui fait paraître la pièce plus haute et la baie plus généreuse.
L'installation murale sert aussi le locataire : les supports se fixent en quelques points seulement, hors du cadre de fenêtre, et se rebouchent en fin de bail sans toucher aux menuiseries.
Les anneaux en C, eux, se posent et se retirent sans démonter la pôle — pratique le jour où les panneaux partent chez la couturière.
Garder le boisé
Le condo donne sur les arbres. C'était la raison de choisir ce logement, et il n'était pas question de la masquer.
Le tissu Toronto, ivoire et à l'apparence lin, monté à plis deux pattes, règle les deux besoins à la fois : tiré, il tamise sans fermer et laisse la silhouette des arbres traverser ; ouvert, il se replie en un empilement étroit qui libère complètement la vitre.
Le noir de la pôle vient poser une ligne franche sur une palette entièrement crème, et c'est ce contraste qui empêche l'ensemble de paraître fade.
Dans la chambre, la toile fait le noir
Le même tissu ne peut pas tout faire. Un ivoire qui laisse passer la lumière du boisé dans l'aire de repas laisse aussi passer le soleil de 5 h du matin dans une chambre.
Une toile opaque a donc été posée derrière le rideau.
Le jour, elle reste remontée et invisible : c'est le rideau qui travaille. La nuit, elle descend et fait l'obscurité que le tissu seul ne donnerait jamais.
Deux produits, deux moments de la journée — et aucun compromis sur l'un pour obtenir l'autre.








